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Atelier Fauvel

Aménagement

Cuisine ouverte ou fermée : ce qu'il faut savoir avant de casser la cloison

Ouvrir est facile. Vivre dans une cuisine ouverte se prépare avant les travaux, sur trois points précis — et l'ouverture partielle est souvent la meilleure réponse.

Inès Barreau 7 min de lecture

Depuis quinze ans, la cuisine ouverte est présentée comme un progrès évident. Elle l'est souvent — et nous en installons beaucoup. Mais la moitié des demandes de verrière que nous recevons viennent de personnes ayant ouvert trop largement quelques années plus tôt.

Les trois points à régler avant de casser

1. La hotte

C'est le seul appareil de la maison qui interdit une conversation. Une hotte encastrée standard tourne à 60-65 dB(A) en vitesse 2. Un moteur déporté, installé dans un garage ou des combles, descend à 41 dB(A) : la différence est celle d'un aspirateur et d'un ventilateur de bureau.

Sans possibilité de déporter le moteur, deux solutions : un plan aspirant intégré à la plaque, plus cher, ou l'acceptation d'un usage limité de la hotte pendant les repas.

2. La circulation

90 cm de passage libre minimum, 110 cm devant un four ou un lave-vaisselle. C'est ce qui décide si deux personnes peuvent cuisiner ensemble, et si une porte ouverte bloque le passage vers le séjour.

3. Ce que l'on voit

Depuis le canapé, la ligne de vue tombe le plus souvent sur l'évier — c'est-à-dire sur la vaisselle sale. Trois réponses possibles : garder l'évier au mur, l'orienter vers l'extérieur, ou le masquer par un retour de cloison ou un rangement.

L'ouverture partielle, presque toujours meilleure

Conserver 60 à 100 cm de cloison change tout, pour un coût inférieur à celui d'une ouverture totale :

  • Le retour reçoit les gaines électriques qui passaient dans la cloison, sans déviation coûteuse.
  • Il masque le réfrigérateur ou la zone de plonge depuis le séjour.
  • Il sert d'appui à une presqu'île, qui devient le vrai plan de travail.
  • Il coupe une partie du bruit et de la lumière directe de la cuisine.

Nous la proposons désormais en première option, et laissons demander l'ouverture complète — plutôt que l'inverse.

Ce que coûte l'ouverture

La dépose d'une cloison non porteuse en carreau de plâtre ou brique creuse coûte 600 à 1 500 € avec reprise du plafond et du sol. Une cloison porteuse impose une poutre et une étude : de 3 000 à 8 000 €, avec intervention d'un bureau d'études.

Vérifiez toujours trois choses avant : le caractère porteur, la présence de gaines électriques, et le tracé du conduit de hotte existant, qui passe souvent exactement dans la zone à ouvrir.

Et en copropriété ?

La dépose d'une cloison intérieure non porteuse ne relève pas de l'assemblée générale. En revanche, le percement d'une façade pour l'évacuation d'une hotte touche aux parties communes et nécessite un vote. En pratique, cela conduit souvent à retenir une hotte à recyclage — ce qui doit être décidé avant le plan, pas après.

La cuisine fermée n'est pas dépassée

Elle reste préférable dans trois situations : quand on cuisine beaucoup et fort (fritures, wok, cuisines très parfumées), quand le séjour est petit et supporterait mal le volume visuel d'une cuisine, et quand le budget ne permet pas la hotte silencieuse qu'une ouverture exige. Dire cela nous fait perdre des chantiers d'ouverture ; cela nous évite des clients déçus.

Questions fréquentes

Une cuisine ouverte est-elle plus bruyante ?
Elle l'est si rien n'est prévu. Une hotte à moteur déporté (41 dB(A)) et un lave-vaisselle sous 42 dB(A) suffisent à rendre la cuisine transparente à l'oreille pendant un repas.
Peut-on refermer une cuisine ouverte ?
Oui, et c'est de plus en plus demandé. Une verrière fixe montée sur muret bas rétablit la limite acoustique et visuelle sans supprimer la lumière : comptez 1 500 à 3 500 € posée.
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